Explorer les modèles économiques régénératifs pour accompagner la transformation des entreprises

Face à l’ampleur des défis socio-écologiques, les approches relevant d’une soutenabilité faible, qui reposent sur la possibilité de compenser la dégradation des ressources naturelles par d’autres formes de capital, montrent leurs limites. Dans une perspective de soutenabilité forte, l’industrie fait aujourd’hui face à un double défi : réduire fortement ses impacts négatifs tout en contribuant davantage à la restauration des systèmes écologiques et sociaux dont elle dépend. Or, les modèles économiques conventionnels peuvent créer des arbitrages entre performance économique et performance socio-environnementale : une entreprise peut, par exemple, être rémunérée par la vente de volumes alors même qu’elle cherche à réduire l’usage de ressources.

Ce projet de recherche explore une question centrale : comment concevoir des solutions industrielles et leur modèle économique de façon à rendre économiquement désirable la création d’impacts positifs, au-delà de la seule réduction des impacts négatifs ? L’enjeu est de développer des approches permettant de concevoir des projets industriels de diversification stratégique selon une logique « Regen-by-design », en intégrant une intention régénérative dès leur conception et dans les trois dimensions de leur modèle économique : création, délivrance et capture de valeur.

Objectifs du projet

Cette recherche vise à définir et consolider les principes de conception régénérative applicables aux contextes industriels, afin d’aider les entreprises à intégrer les enjeux socio-écologiques dès les premières phases de conception de leurs solutions. Elle cherche également à identifier des mécanismes de revenus et de contractualisation capables d’aligner durablement la performance économique de l’entreprise avec des résultats environnementaux et sociaux positifs.

Pour y parvenir, le projet développe des méthodes et des outils opérationnels permettant aux équipes industrielles d’explorer la conception de solutions et de modèles économiques dans une visée régénérative. Ces outils sont ensuite testés et améliorés sur des cas industriels réels, en collaboration avec les entreprises partenaires, afin de répondre à des problématiques concrètes tout en produisant de nouvelles connaissances scientifiques.

Une démarche de recherche ancrée dans les réalités industrielles

La recherche combine une démarche théorique et des expérimentations en entreprise. Un premier volet consiste à analyser la littérature scientifique sur le Regenerative Design afin d’identifier les principes de conception susceptibles de guider le développement de solutions industrielles. Ces principes sont ensuite traduits en méthodologies et outils d’aide à la conception.

Un second volet étudie différents modèles économiques industriels et leurs mécanismes d’incitation : modes de rémunération, partage des risques, indicateurs de performance, dispositifs de suivi et relations contractuelles. L’objectif est de comprendre dans quelles conditions un modèle économique encourage réellement les acteurs à améliorer la performance socio-environnementale dans la durée.

Enfin, la recherche est menée au plus près de différents terrains industriels, à travers des études de cas, des entretiens et des ateliers de conception avec des partenaires industriels. Les outils développés sont ainsi expérimentés sur des problématiques réelles, puis ajustés à partir des enseignements du terrain.

Impacts attendus

For the industry

  • Fournir aux entreprises des méthodes concrètes pour intégrer les enjeux socio-écologiques dans la conception de leurs innovations et de leurs modèles économiques.
  • Mieux aligner les mécanismes de revenus avec les ambitions socio-écologiques recherchées.
  • Faciliter l’expérimentation de nouvelles formes de contractualisation.

Pour l’environnement

  • Favoriser la conception de solutions qui ne visent pas uniquement à réduire les dommages.
  • Contribuer positivement au fonctionnement et à la résilience des systèmes écologiques.
  • Encourager une posture écocentrée et co-évolutive.
  • Développer une pensée systémique et un ancrage fort dans les territoires.

For the society

  • Mieux intégrer les parties prenantes dans la conception des solutions industrielles.
  • Prendre davantage en compte les dynamiques territoriales.
  • Renforcer l’intégration des enjeux sociaux dans les démarches d’innovation et de création de valeur.

Pour la recherche

  • Contribuer à structurer le champ émergent des modèles économiques régénératifs.
  • Construire une passerelle entre le Regenerative Design et les modèles économiques industriels.
  • Étudier comment des principes de conception issus notamment de l’architecture et de l’urbanisme peuvent être transposés à l’industrie.
  • Développer des connaissances sur les mécanismes innovants de capture de valeur.
  • Identifier les leviers permettant d’aligner les logiques et incitations économiques des acteurs industriels avec les ambitions régénératives.

Organismes associés

Mécène fondateur de la Chaire : Groupe fortil

Laboratoires associés : Laboratoire CERAG – Centre d’Etudes et de Recherches Appliquées à la Gestion

G-SCOP : laboratoire des sciences pour la conception, l’optimisation et la production de Grenoble, mobilisé sur les dimensions de conception et d’ingénierie des systèmes.

Ecole associée : Grenoble IAE – INP, UGA

Equipe impliquée

  • Laure Ziccarelli : doctorante au CERAG et G-SCOP, Chargée de recherche à la Fondation Grenoble INP en charge de la conduite du projet de recherche et des expérimentations industrielles.
  • Valéry Merminod, Professeur des Université à l’Université Grenoble Alpes, rattaché au CERAG : Directeur de thèse et Titulaire de la Chaire ForLIBRA
  • Maud Rio, Maîtresse de Conférence HDR à l’Université Grenoble Alpes, , rattaché au G-SCOP : Co-directrice de thèse

« L’objectif de cette recherche est de dépasser une logique de réduction d’impacts socioécologiques négatifs dans laquelle l’environnement et le social restent des contraintes à arbitrer face à la performance économique. Nous cherchons au contraire à concevoir des modèles dans lesquels la viabilité économique d’un industriel dépend directement de sa capacité à générer des effets positifs pour les écosystèmes naturels de son territoire et ses parties prenantes. »
– Laure Ziccarelli, doctorante

Planning et faits marquants

  • Novembre 2024 : démarrage de la thèse.
  • 2025 : Revue de la littérature sur le Regenerative Design, formalisation des principes et entretiens d’experts. Première communication internationale à la communauté R&D Management.
  • 2025–2026 : analyse de modèles de revenus industriels, de leurs incitants implicites et développement progressif des outils de conception et de business modelling. Seconde communication internationale à la communauté R&D Management.
  • 2026-2027 : expérimentations avec les partenaires industriels, évaluation et amélioration des méthodes développées.  Troisième et quatrième communications internationales visées auprès des communautés AOM et IPDMC. Première publication en revue classée FNEGE visée pour printemps 2027.
  • Date prévisionnelle de jury de thèse : Novembre à Décembre 2028

Publication scientifiques associées

  • Communication à la conférence R&D Management 2025 (Pise) sur les principes de Regenerative Design issus de la revue de littérature.
  • Communication à la conférence R&D Management 2026 (Manchester) sur les dynamiques de performance induites par les modèles de revenus industriels.

A venir :

  • Article scientifique issu de cette recherche soumis à R&D Management 2025.
  • Article scientifique issu de cette recherche soumis à R&D Management 2026.
  • Communication à la conférence AOM 2027 sur les dynamiques de performance induites par les modèles de revenus industriels.
  • Communication à la conférence IPDMC 2027 sur les dynamiques de performance soutenables.


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